Les styles proposés par l'école

"Celui qui sait être constant a une âme large. Et celui qui a une âme large est juste.." (Lao-Tseu.)

idéogramme vertical chinois signifiant tai chi chuan

LE STYLE CHEN

陳家、

Le style Chen (陳家、陳氏 or 陳式 太極拳) est le plus ancien et le parent des cinq styles traditionnels de Tai Chi Chuan.

Il est le troisième style en termes de popularité mondiale. Le style de la famille Chen se caractérise par ses postures plus basses, ses « enroulements de soie » (chan si jin) et ses éclats explosifs (fa jin).

Les origines

Les réponses apportées à la question des origines du TaiChi Chuan varient selon les experts et donnent lieu à des batailles d'écoles et de styles.

Toutefois, le fondateur généralement reconnu serait Chen Wangting (1600 - 1680), appartenant à la neuvième génération de la famille issue de Chen Bu. Il vécut au milieu du XVIIe siècle dans le village de Chenjiagou (district de Wenxian, province du Henan en Chine), où l'on retrouve les premières traces historiques de son existence dans des annales écrites. (Une origine, plus mythique celle là, fait remonter sa création au XIIe ou XVe siècle à l'ermite taoïste Zhang Sangfeng.) Le nom du style est emprunté à la famille Chen.

On considère en effet que le style Chen est à l'origine du Taichi Chuan style Yang. Le Taiji quan style Wu est un descendant du Yang et le TaiChi Chuan style Sun est un descendant du Yang et du Chen.

Selon les historiens chinois, à la fois des techniques de Kung Fu de plusieurs écoles de l'époque et des techniques de santé (Tuina, travail respiratoire et Daoyin art de longue vie, dont les origines historiques sont quant à elles attestées dès le Ve siècle av. J.-C.) auraient été réunies lors de la création du Taiji Quan.

La pratique

La pratique du style Chen est basée principalement sur le travail de deux Taolu (enchaînements) à mains nues :

- Di yi lu : 1er enchaînement (en 74 mouvements) ;
- Er lu : 2e enchaînement (ou pao chui - poings canons)

On distingue deux versions du Di yi lu :

- Lao jia (ancienne forme) ;
- xin jia (nouvelle forme) diffusé par CHEN Fake.

L'enchaînement se compose des mêmes mouvements et la gestuelle est très voisine, mais l'utilisation (applications martiales) des mouvements est souvent très différente.

Il existe également de nombreuses formes de synthèse généralement conçues pour la compétition ou comme élément pédagogique (créés par certains maîtres contemporains comme Wang Xian, Chen Zheng Lei, Chen Xiao Wang…).

Néanmoins, l'étude des 15 premiers mouvements du "Di yi lu" constitue la base du travail. On retrouve dans ces seuls 15 premiers mouvements tous les principes et changements (directions) qui se déclinent dans la suite de la forme. On dit aussi que le premier mouvement (Le Gardien Céleste pile le mortier) constitue la base de la base, et qu'il est impératif pour une bonne progression, de l'exécuter correctement avant de poursuivre.

Traditionnellement, ce n'est qu'après avoir bien maîtrisé le Di yi lu que l'on peut commencer l'apprentissage du tuishou et des armes (épée, sabre, grande lance, bâton, hallebarde…), et du Er lu pao chui. Le deuxième enchaînement est caractéristique du style Chen (il n'y a pas d'équivalent dans les autres styles). Il s'agit d'un travail explosif qui montre clairement l'origine et le travail martial.

La différence entre les deux enchaînements à mains nues peut se résumer ainsi :

- pour le Di yi lu c'est le corps qui emmène la main ;
- pour le Er lu c'est la main qui emmène le corps

Maîtres contemporains

Si le TaiChi Chuan est d'abord resté au sein de la famille Chen (traditionnellement enseigné uniquement au fils aîné, et à la belle fille), il s'est propagé à partir de 1928, année où Chen Fa Ke débuta son enseignement à Pékin. Il existe une affiliation officielle (transmission de maître à disciple) qui se compte en nombre de générations. Cette reconnaissance est toujours pratiquée aujourd'hui à Chenjiagou. On compte différemment les membres extérieur à la famille.

Il existe aujourd'hui plusieurs maîtres officiels, dons voici une liste très incomplète :

- Wang Xian
- Chen Zheng Lei
- Zhu Tian Cai
- Zheng Xu Dong
- Chen Xiao Wang
- Zhang Dongwu
- Chen Peishan


LE STYLE YANG

楊氏、

Le style Yang (楊氏, yángshì) est le style de Taiji quan le plus pratiqué en Occident. La forme la plus connue est celle à quatre-vingt-huit pas, parfois appelée « forme longue », par opposition aux formes plus courtes de Pékin et de Cheng Man Ching.

Les formes du style Yang sont moins martiales en apparence, les mouvements lents. Toutefois, un enseignement complet comporte toujours des applications martiales et souvent des formes avec des armes.

Historique du Tai Chi Chuan style Yang

C'est pendant le règne de Qianlong (1735-1795), quatrième empereur de la dynastie Qing que l'on vit opérer Wang Zongyue, un des plus grands maîtres de Tai Chi Chuan dont on nous ait transmis le nom, et, selon la tradition, auteur d'un célèbre écrit intitulé Traité classique de Taiji quan.

Dans les premières décennies du XIXe siècle, le Tai Chi Chuan n'était enseigné qu'à quelques élèves par les membres de la famille Chen qui vivaient à Chenjiagou, village de la province du Henan. Puisque les membres de la famille Chen n'acceptaient pas d'étrangers parmi leurs élèves, Yang Luchan eut recours à un stratagème en se faisant embaucher comme domestique dans cette famille et il épia ses leçons pendant longtemps, pour ensuite s'entraîner en cachette pendant la nuit.

Le maître finalement le découvrit mais, étonné par l'habileté montrée par le jeune et rusé domestique, il décida de l'accepter parmi ses élèves. Yang Luchang devint en peu de temps le meilleur d'entre eux et, d'après la légende, était invincible. Il s'installa ensuite à Pékin où il ouvrit une école et commença à enseigner son art. Son style avait moins de variations de vitesse que celui de ses maîtres.

La forme courte

Cheng Man Ching développa la forme en trente-sept pas dans les années 1940. Elle s'est répandue surtout aux USA. Elle est plus courte que la forme traditionnelle : dix minutes pour l'exécuter au lieu de vingt-cinq à trente minutes pour la « forme longue ». IL a réduit le nombre de répétitions de mouvements.

Quand on parle de forme courte, il faut y inclure la petite forme de Pékin en 24 mouvements ainsi que les formes de compétitions, qui sont des formes dites "nouvelles" par opposition aux formes traditionnelles qui sont plus longues.


LE QI GONG

ideogramme chinois Chi kung

Le Qi Gong, chi gong ou chi kung (c. trad. : 氣功 ; c. simp. : 气功 ; py : qìgōng ; litt. : « maîtrise de l'énergie vitale »).

Gymnastique traditionnelle chinoise et science de la respiration, fondée sur la connaissance et la maîtrise de l'énergie vitale, et associant mouvements lents, exercices respiratoires et concentration. Signifie littéralement exercice (gong) relatif au qi.

Origines

« En faisant que ton énergie spirituelle (ou shen qi) et que ton énergie primordiale (ou jing qi) embrassent l'Unité, peux-tu redevenir un enfançon ? » Tao Tö King

Vers le Ve siècle, Bodhidharma développait le Qi Gong dans le Kung-fu Shaolin au monastère Shaolin, en Chine, en s'inspirant des gymnastiques taoïstes de longévité.

Durant la Révolution culturelle (XXe siècle), le chi kung est réprimé. Plus tard, de nombreuses écoles surgissent, parfois mercantiles, et une s'en détache par sa notoriété, le Falun Gong.

En 1981, le Kung-fu Shaolin se reconstitue.

Pratiques

Il existe différentes variantes permettant une pratique régulière :

Falun gong (qi Gong controversé).

Kung-fu Shaolin : Les 8 pièces de brocart (permet de rendre l'organisme plus résistant, et prolonger la vie).
Yi jin jing (prépare le corps aux mouvements rapides).

Qi Gong sibérien : mélange de différentes pratiques rencontrées et transformées en Sibérie.

Nous vous proposons notamment des cours de Shaolin Luohan Qigong de Maître Howard Choy.

Tous les exercices de chi kung nécessitent de la patience et une pratique régulière. Certains pratiquants d'arts martiaux pratiquent leurs arts sans pratiquer le Qi Gong en Chine. Cependant, sa pratique est nécessaire à une maîtrise complète des Arts Martiaux.

Terminologie

Qi Gong est le terme mandarin chinois et romanisé de deux caractères chinois : Qì (氣) et Gōng (功). Son écriture (en sinogrammes simplifiés : 气功 ou en sinogrammes traditionnels : 氣功) associe deux notions chinoises au sens vaste : Qi (vapeur, souffle, énergie, esprit, air ou encore gaz) et Gong, la réalisation ou les résultats : (attaque, travail, exercice, discipline).

Les deux mots sont combinés pour décrire des systèmes et des méthode de cultivation de l'énergie ainsi que la manipulation de l'énergie intrinsèque de tous organismes vivants.


KUNG FU

ideogramme chinois Kung Fu

Kung-fu est en Occident le nom généralement donné aux arts martiaux chinois externes comme internes, bien que l'on utilise rarement ce terme pour désigner le taiji.

Ce terme, transcription de 功夫 (gōngfu) a été introduit en Europe dans les années 1970 pour désigner les films chinois d'arts martiaux. Ce mot sonnait mieux d'un point de vue phonétique et mnémotechnique à l'oreille des Occidentaux. Les termes « Gong » et « Fu » traduits littéralement et séparément ont une toute autre signification que "arts martiaux" chinois. « Gong » désigne la « maîtrise », le « perfectionnement », la « possession d'un métier » ou une action en laquelle beaucoup de temps a été consacré.

Le terme est à rapprocher d'un point de vue sémantique de la notion d'artisan tel qu'il était usité en Europe au XIXe siècle : ce terme désignait l'homme de métier qui par un apprentissage auprès d'un maître acquérait cultures, techniques et savoir-faire.

« Fu » désigne les techniques en tant que contenu, soi l'énergie qui a été mise dans l'action de cette technique. On peut ainsi dire de quelqu'un qu'il possède le « gong fu » en gastronomie, le « Gong Fu » en peinture, ou le « Gong Fu » en musique, etc. On désigne également par Gong Fu cha (功夫茶, gōngfuchá) l'art du thé.